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05.02.2008

Anomalie

 

(...) Par deux points passerait ainsi une ligne et une seule du passé au présent, puis du présent au présent par le don que je t'aurais fait de moi-même, puis du présent à l'avenir. Briserait-on alors ce segment fait de mots et d'histoires et d'un concept mathématique, par la mort du filament qu'il faudrait, c'est vrai - regretter parce qu'il serait encore ce navire dont tous ne s'étaient pas pourvus ?

 

Je voudrais raconter que tu vivais imperturbable en ton esprit. Alors, je t'en prie !

 

Ne pense plus, ne représente plus ! Mets en scène, dès à présent - engage ton être entier, et gorges-en toi. 


Demeure à l'intérieur sachant que l'on ne perd pas. Cultive cette foi qui se pose comme un oiseau qui semble tout ignorer de la terre qu'il foule.

 

Ne t'arrête pas aux satisfactions personnelles - sentimentales, logiques - ou de reconnaissance extérieure. Exige d'arriver au bout des images - ces visages - qui ne sont pas le tien.  

Ne reste pas dans cette solitude extrême où l'on t'a mise, où tu ne te nourris pas. Evoque ce que tu ressens, rattache-le au plus grand - au plus fort, ne supportant pas l'image... ne pouvant être entièrement vu.

Vis pour les autres - sans mourir pour le Tout Autre. Nous avons des visages semblables ou différents, des amours fusent autour de nous.

Beaucoup de liens ne nous regardent pas, ne nous concernent pas, morcelés - inaudibles, et invincibles - et ce n'est pas ce qui me fait exister - même si c'est cela qui t'épuise... Personne ne pourrait te mordre - et m'obliger à mordre, je voudrais conter ta vie, Anomalie... ta vie comme un journal de bord, ta vie... tout au bord de la mort.

Certainement que nombril jamais arrimé - un retour à la ligne devra s'imposer, pour contrecarrer l'action de mes arrêtes occupées à graver. Car en réponse à pareil entêtement, il fallait que sans traîner chaque mot pèse et tarde... 

 

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