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11/03/2008

Adèle

 

Adèle avait trois ans. Son bonnet bleu posé sur la tête comme une bouilloire prête à trembler, elle était fière de ressembler à une négresse, au port royal descendant la route sablonnée qui menait à la ville la plus proche.

Adèle croyait qu'il s'agissait d'un bonnet, mais elle comprit sa faute lorsque son père de lui ôta - pour l'enfiler à son pied - en regardant sa mère d'un air perplexe. Beaucoup plus tard, elle sut qu'il s'agissait d'une chaussette.

La jeune fille, aujourd'hui majeure, se rappelait cet épisode - surtout pour retrouver l'essence d'un rêve, et voyager sur le continent déjà imaginé... l'Afrique.

Elle était capable maintenant de sentir toutes les odeurs, et le picotement du soleil sur sa peau, de voir la mer, et les étoiles, et des parcelles de terre.

Prête pour l'aventure, elle gardait comme un souvenir ce soleil dans son coeur, prête à plonger pour s'y réchauffer. Adèle avait quelques fois entendu parler de ce continent.

Elle décida un jour d'y partir pour que son rêve devienne réalité, pour rencontrer les êtres, les compagnons de route, de la femme à la cruche, dont elle percevait alors déjà le souffle...

Adèle mourut pendant la traversée, d'un amour infidèle pour un rêve passé, dont l'histoire vivante n'avait que faire, l'ayant laissé passer, vibrer comme la corde d'un pendu. Adieu, adieu le vent...