Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« ... | Page d'accueil | Hivers trépassés »

13/03/2008

La pauvre

 

Nous passions la soirée au bord du lac, assis bien tranquillement, lorsqu'elle nous apparut, affalée au bas de son arbre ancestral. La pauvre devait avoir souffert... et ses membres caoutchouteux... et sa frise, défaite, comme une vieille permanente... et son bourrelet au ventre, et tout ça... rien de très grisant, vous savez ?

Nous étions en bas d'un grand talus qui présentait une faible pente, voyez-vous ? Nous tenions le bas de la pente, elle était en haut, tiens, comme c'est drôle... On aurait dit une peinture, vous savez, une scène mythique. Mais quelle déesse aurait été s'oublier là, dans ce coin perdu, où seuls des imbéciles comme Nadine et moi pouvions nous plaire !

Elle n'a pas plu à Nadine, qui est une femme finie. Enfin, pas finie, non, ce n'est pas ce que je voulais dire... Je vois Nadine comme une brune dure écartelée entre le plaisir de plaire, et le désir de ne pas plaire... entre le plaisir et le déplaisir... c'est exactement ça ! Nadine est jeune et dure comme un fruit cueilli pas encore mûr...

L'autre est... et bien justement : elle n'est pas ! Vous allez penser que je suis fou, n'est-ce pas ? Fou parce que cette femme que j'ai follement aimée, j'ai voulu la représenter, sous les traits d'une modernité trop vivante, toujours en marche... sans décadence. Fou de n'avoir rien fait...

Je l'ai peut-être rêvée. J'ai peut-être tout rêvé. Mais posez-vous la question de savoir... Si j'avais rêvé ? Je me serais levé, et j'aurais été surprendre cette garce qui avait du... Je l'aurais trompée à ma guise, Nadine. Et bien... que croyez-vous que j'aie fait !

Non ! Je ne l'ai pas tuée, elle est tombée toute seule... ou bien quelqu'un d'autre l'a tuée. Qui ?