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05/03/2008

L'amie du facteur

   

    L'amie du facteur était la plus jolie femme qu'on pût rencontrer. Je l'avais vue tricotant son pouce dans une allée de derrière l'église et elle m'avait souri, et son sourire était d'un chat, sans éclat, sans odeur, sans poitrine et sans gant.

    L'enfant avait couru derrière la balle qui rebondissait de plus en plus haut, de plus en plus fort. Il la lui avait rapportée. Ils s'étaient parlé. Cette image dérangeait mon sommeil parce que je ne les voyais pas, mais je pouvais les entendre.

    Ils se disaient des choses, que jamais je n'aurais imaginées devoir être dites. Il n'était qu'un enfant, que diable ! Tandis qu'elle était la femme du jeune homme aux joues roses que l'on voyait vacillement sur une bicyclette, du matin au soir.

    J'étais à deux doigts de les surprendre et de les trahir. L'oreille tendue aux propos fallacieux qui fusaient d'après moi de toute part, un coeur ébahi par les senteurs asphyxiées et les couleurs perdues, au milieu de mots enchanteurs et de visages ronds.

 

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