Le petit homme allait toujours précédé de son chien sur la route où j'aimais à me promener seule. Lorsque j'arrivais à sa hauteur, je gardais alors les yeux rivés sur sa main gauche qui enserrait le pommeau de sa belle canne...
Ce jour-là, il n'était pas tard. Il apparut devant mes yeux remplis du plaisir de le rencontrer. Nous avons parlé.
- Comment t'appelles-tu ?
- Armande ?
- C'est joli...
- Et toi ?
- Pierre.
- On ne peut pas dire que ce soit joli...
- Tu peux m'appeler comme tu voudras !
- Alors, Pierre !
- Tu marches longtemps comme ça ?
- Tu veux dire : depuis longtemps ?
- Non, non.
- Alors, qu'est-ce que tu veux savoir ?
- Si tu sais où tu vas...
- Oui, bien sûr, je vais sous le soleil de midi rendre visite à ma tante qui m'attend.
- Et s'il t'arrivait quelque chose ?
- Quoi ?
- Je ne sais pas, moi, par exemple, si tu tombais à genoux...