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29/04/2008

Avanguardia (1) en français

  

Le rayon des nouveautés littéraires. En relation avec Paris.

 

 

Marie-Gabrielle Montant, Le livre de l’anomalie, cratères littéraires, Éditions du Cygne, Paris 2006, pp.73

Interview faite par Alessandro Cesareo.

 

Nous souhaiterions nous expliquer, relativement à l’incipit e l’explicit de cet intéressant et stimulant excursus dans la personnalité humaine que Marie-Gabrielle Montant a su nous donner, en cela aidée par la douce mélodie de la langue française et par l'extrême compétence avec laquelle elle-même a voulu introduire des termes décidément pregnants, avec le tangible effet de rendre compréhensible et agréable une matière raréfiée et fondue, comme l'est bien sûr celle de notre intériorité. Tenter donc de comprendre les caractères généraux de l'anomalie - d'après un arrière-plan littéraire, et culturel - nous a interpellés - contribuant à rendre la lecture et l'analyse de ce livre extrêmement engageantes.

  

Un livre – que j’aimais écrire, ressemblait à une terre creuse – sombre et entière, conduisant à l’enfer, d’être compris puis jugé fou. Le livre que je veux lire est le mien – une vague, parmi d’autres parcourue, aussi brièvement ou parfaitement qu’une femme, derrière un paravent blanc.

J’y confonds la virgule au timbre contigu, la lettre, manquant à l’union injurieuse de l’oubli et de l’ennui, à la fine pluie de pâtes tromboneuses et au plaisir béton. On ne s’y aime pas – s’y juge pas, et l’énergie qu’on s’y échange est suave et profonde.

Rien n’y a de prix que le cadre moral d’un code, personnel – où le silence sauve d’une question qui tue pour me faire entrer, seule, dans la matière.

 

Entrée en matière… une expression ravie - de ceux des vivants placés à l'Olympe, s'agissant ici d'un lieu de travail, gisant au fond d'un coffre-fort, où l'on se laisse et se retrouve, préservé, hors du temps, à l'abri de la matière, impénétrable, sans la volonté du possible dans la foi, et sans une expérience limitée à la parole, et au verbe éternel.

J'y fais passer cette chose qui ne vient pas de moi, mais qui est moi...

 

Marie-Gabrielle Montant, cit, p.5

 

 

1)- Marie-Gabrielle, penses-tu que ton intéressante réflexion "sur l'anomalie" puisse avoir une éventuelle suite dans une publication à venir ?

Avant tout, l'anomalie est un chant spontané, agréablement féminin. Mon nom de jeune fille est Chiesa et je me souviens d'avoir dit être de culture française. De fait, pourtant, je me sens profondément italienne, ce qui est pour moi une source de très grande douceur. Par conséquent, l'anomalie correspond - au moins pour moi - au trait de caractère qui me rapproche le plus d'une femme comme Antigone, allant jusqu'à rappeller aussi certains aspects de la Pithie.

A travers mes paroles écrites, en effet, je laisse entendre que cérébralité et sexualité, au lieu de s'opposer, peuvent aller jusqu'à célébrer d'authentiques noces, nous laissant ainsi libres de vivre à fond nos émotions : d'un état véritable de liberté intérieure dépend effectivement notre bien-être, de même que notre envie de l'avenir...

Il faut donc accepter de combattre pour dépasser son propre état d'âme. La beauté du monde, développée par notre silence, transforme alors à son tour les paroles en amour vécu...

Ce livre est, en substance, le résultat de l'usage que j'aurai fait d'une langue magique, pour pouvoir me rendre compte des transformations réalisées...

Dans le roman que je suis en train d'écrire maintenant, je voudrais donc reprendre le développement, et le faire de manière absolument symbolique, de thèmes du calibre de l'intériorité et de la sexualité. J'espère ne pas me tromper dans le choix de la géographie intérieure, parce que je pense que du degré de clarté de notre vision, ou de combien nous sommes vrais ou pas, dépend également notre cohésion sociale. Il y aurait beaucoup à faire, au niveau littéraire, pour aider les personnes à ne pas se perdre dans les voies virtuelles, qui peuvent éloigner de la réalité humaine, comme nous reconduire à une plénitude encore consciente d'elle-même.
 

2)- D'après toi, que pourrait faire l'une de tes contemporaines italiennes,  pour interpréter au mieux le sens "de l'anomalie" ?

Mon sentiment, ou mon intuition, me montrent l'importance d'une mystique sexuelle - au contraire d'une mystification du sexe... je voudrais, en effet, que notre corps nous aide à lire le parcours humain de notre âme - toujours vivante, et vécue. Je souhaiterais - en d'autres termes, que l'attraction amoureuse ne soit pas réduite à des besoins apparemment infantiles, parce que cela signifierait qu'il y serait manqué une seule parole... peu importe laquelle, mais une parole réellement sentie, qui nous dise comment faire pour être femmes - et mères - aussi dans un sens spirituel, et pas uniquement physique.

Je confie alors à la femme italienne qui m'est contemporaine une note que j'avais écrite pour des lecteurs français, juste avant de jeter cette bouteille à la mer, bouteille sur laquelle se lira "le livre de l'anomalie"... mais bouteille, réellement jetée à la mer ! En espérant, bien sûr, que la communauté humaine se laisse bientôt réveiller par l'urgente nécessité de prendre conscience de toutes ces réalités intérieures, choses qui d'abord nous appartiennent, nous rattachant précisément à ce qui se passe dans le monde actuel. J'espère encore que mon écriture, indépendamment d'une lecture qui s'en serait faite - orale, ou pas - est, et demeure accessible - pour une amie italienne, aussi en français...


Note de l'auteur à l'adresse de ses lecteurs.

 

Ce livre, rédigé en prose poétique - est le récit d'un sauvetage et deviendra, sans doute - celui d'une évasion.

Dans la narration, l'auteur(e) s'est adressée à une personne nommée Anomalie - dont elle se fait rapidement l'interprète, puisque modelée par son isolement, celle-ci pratique une langue étrange et ininterrompue...

Dans son parcours d'écriture, Marie-Gabrielle Montant rejoint son personnage - "du présent au présent par le don" qu'elle lui aura fait d'elle-même, d'une femme à l'autre - ou d'un sentiment de perdition, à la certitude d'un salut.

Ce texte est la traduction d'un symbolisme fort, en quête d'une femme virtuelle mais vitale, par le dépassement des images, évocateur de ce qui séparerait Eve, de Marie  et d'avantage de ce qui les unit.

 

Le livre de l'anomalie récite un système de valeurs non établies ; ce faisant, il crée un vecteur de lumière intérieure, apte à la sauvegarde de la vie - avec l'implication de  mourir à soi-même.

Il nous ferait prendre la vague, sûrs - qu'arrivés au large, une terre nous aurait souri - d'une énième dimension encore bien réelle.

Ce petit livre en volume n'est pas à chevaucher - étant déjà un premier pas vers l'avenir, que l'on choisit de faire ensemble - dans la solitude de la lecture. 
 

Marie-Gabrielle Montant, après avoir travaillé à Paris dans l'univers du spectacle de l'éphémère, s'est mariée, et est devenue la mère de quatre enfants - encore jeunes. Elle est par conséquent très sensible à la valeur de l'éducation et de la parole comme s'agissant d'éléments stabilisants de la vie, celle-ci étant elle-même dirigée par le mouvement et une ouverture continue au changement et à la croissance. Enfin, Marie-Gabrielle ressent le profond désir, de laisser - comme des cailloux blancs - les prises de conscience qui à plusieurs reprises ont caractérisé son histoire, même si, de celle-ci - ils ne diront pas tout...

 

www.editionsducygne.com

ISBN : 2-84924-015-X