05.02.2008
...singulière.
(...) "Avec la bisexualité psychique propre aux deux sexes quoique plus affirmée chez les femmes, avec les avancées plus ou moins monstrueuses ou audacieuses de la science dans le domaine de la procréation, et l'impact de ses expérimentations sur le couple et la famille moderne, il m'apparaît que chaque sujet invente, dans son intimité, un sexe spécifique : c'est là que réside son génie, qui est tout simplement sa créativité".

(...) "La dépression nihiliste provient du dépérissement programmé de cette singularité qu'est "l'intelligence en acte à travers l'amour" qui sommeille en chacun ; et qui, en aspirant à la rencontre avec le tout autre, reconnaît l'extraordinaire en lui, en elle, le fait exister dans l'espace du temps, et s'en inspire pour ne pas mourir elle-même d'ennui, dans un monde sans au-delà".
Julia Kristeva, Cet incroyable besoin de croire
06:40 Publié dans Le français des langues virtuelles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, foi, psychanalyse
04.02.2008
Julia Kristeva
"Contrairement à ce que l'on voudrait nous faire croire, le heurt des religions n'est en fait qu'un phénomène de surface. Le problème de ce début du troisième millénaire n'est pas la guerre des religions, mais la faille et le vide qui séparent désormais ceux qui veulent savoir que Dieu est inconscient, et ceux qui préfèrent ne pas le savoir, pour mieux jouir du spectacle annonçant qu'Il existe. La médiatisation globalisée soutient de toute son économie imaginaire et financière cette seconde préférence : ne rien vouloir savoir pour mieux jouir du virtuel. En d'autres termes : jouir de voir des promesses, et se contenter de promesses de biens, garantis par la Promesse d'un Bien supérieur. Cette situation, en raison de la globalisation du déni qui lui est consubstantiel, est sans précédent dans l'histoire de l'humanité. Saturée d'entreprises de séduction et de déceptions, notre civilisation cathodique s'est révélée propice à la croyance. Et c'est en cela qu'elle a favorisé le revival des religions".
14:00 Publié dans Le français des langues virtuelles | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Foi, Psychanalyse
20.09.2007
?????

12:45 Publié dans Le français des langues virtuelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Poésie, Haïkus
Europe
http://www.touteleurope.fr
11:55 Publié dans Le français des langues virtuelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, Poésie, Haïkus
18.06.2007
Evocation d'Antoine de Rivarol...
L'argument principal portait sur les qualités intrinsèques du français, et en particulier sa capacité à nommer. Puis Rivarol est passé de la qualité de langue à la qualité de civilisation qui l'accompagne : c'est elle qui a conquis l'Europe, mieux et en tout cas plus durablement que ne l'aurait fait n'importe quelle grande armée. La France s'est ainsi prise pour la Grèce, et sa langue, succédant au latin, a régné comme une Rome qui aurait remplacé ses légions par le verbe. L'argument a séduit, et notre jeune écrivain (il venait d'avoir trente ans) a emporté le prix.
Mais si on lit attentivement Le discours..., on constate que notre lauréat n'a pas répondu de façon égale à l'ensemble des questions posées par l'auguste académie. En effet, la dernière partie de l'énoncé demandait de traiter des chances de durée de cette incontestable suprématie : « Est-il à présumer, demandait l'académie de Berlin en troisième et dernière question, que la langue française conserve cette prérogative ? ».
Il ne s'agissait plus de constater une évidence et de l'expliquer, mais de conclure en élevant le débat au niveau de la prospective linguistique. Et Rivarol sur ce dernier point a été très évasif ; à peine déduit-on de son exposé que, puisque les choses sont bien ainsi, il n'y a guère de raison que les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets.
Les académiciens prussiens n'ont pas semblé remarquer cette faiblesse. En 1783, l'écrivain Antoine de Rivarol a remporté le grand prix de l'académie de Berlin pour un essai resté fameux: Le discours sur l'universalité de la langue française. Il y développait les raisons pour lesquelles le français régnait sur l'Europe de son temps.
Le beau temps de Rivarol a subsisté tant que l'on a disputé des langues pour leurs qualités intrinsèques, pour les notions que l'on pouvait exprimer grâce à elles, pour leurs subtilités. Les langues étaient alors, pour parler comme Esope, les meilleures des choses.
Mais dans un monde médiatisé comme le nôtre, le rapport de l'homme à la langue qu'il utilise a changé. Il recherche moins la subtilité du discours qu'un moyen de communication immédiat et minimal avec le reste du monde. La logique de ce langage commun, c'est en quelque sorte la communication pour la communication, sans égard pour la qualité d'expression de la pensée. C'est la prise d'indépendance du signifiant par rapport au signifié. C'est l'apothéose de la pratique publicitaire, de la communication politique, qui emploient un mot pour son impact, pour sa charge émotive, pour son affect, bien plus que pour son sens. C'est l'art suprême de tromper par omission, non par omission d'un terme, mais par omission du rapport au sens de ce terme. C'est une crise du verbe, qu'accompagne parallèlement le triomphe de l'image et de l'effet spécial.
La langue est donc bien aussi, toujours pour parler comme Esope, la pire des choses.
Et reconnaissons que la langue française a du mal à se détacher des liens du sens, moins sans doute par nostalgie du temps de Rivarol où elle régnait par le verbe, que parce que ses propres rapports avec elle-même ne lui permettent pas de s'en passer.
Est-ce à dire que, dans les conditions de communication et de vitesse qui accompagnent la mondialisation, la langue française ne pourrait soutenir un nouveau Discours sur son universalité ?
C'était alors un phénomène dynamique; mais ce n'est plus l'acception d'aujourd'hui, où la mondialisation se présente comme absolue, sans référence à un objet précis. C'est un état de fait, comme l'est le résultat d'une conquête : ce n'est plus une dynamique, c'en est le résultat.
Des langues qui se posent la question de leur place dans la mondialisation, il y en a d'autres que le français l'espagnol, le chinois, l'arabe, le russe et l'anglais, pour nous en tenir aux langues de travail de l'ONU. Cette liste de langues a été établie en fonction du nombre de leurs locuteurs respectifs, c'est-à-dire du poids des États et des peuples qui les parlent. La question de leurs qualités linguistiques ne se pose même pas: rapport de forces politico-démographique d'une part, et compromis entre simplification de la communication internationale et diversité culturelle réduite au strict minimum d'autre part, sont seuls déterminants.
Inséparable de la notion de mondialisation et lié à son sort, l'anglais occupe une place spécifique. Cette langue de culture s'est effacée derrière sa caricature omniprésente et appauvrie. Le basic english s'est laissé tenter par le pouvoir de communiquer pour communiquer et a ainsi conquis le monde de l'à-peu-près, balançant entre langue de bois des nouveaux maîtres politico-économiques du monde et pidgin de leurs sous-traitants.
La langue de Shakespeare pouvait prétendre à l'universalité ; n'y était-elle pas parvenue d'ailleurs à sa façon avec l'auteur de Hamlet? En revanche, l'anglais de bois qui a presque partout remplacé aujourd'hui celui de Shakespeare a perdu tout ce qui faisait l'universalité potentielle de l'anglais.
Ce qu'il a gagné en horizontalité dans la mondialisation, l'anglais l'a perdu en verticalité en devenant l'instrument d'une gigantesque normalisation des comportements, en devenant le vecteur du désir immaîtrisé de tout un chacun de consommer la même chose que son semblable, quand ce n'est pas de courir après la même « servitude volontaire » que lui.
Les bases de l'hispanité, par exemple, sont autant la langue espagnole que l'appartenance à une communauté historico-sociologique, géographiquement liée à un continent donné et héritière de l'ancien empire espagnol.
C'est qu'à la différence aussi du Commonwealth, qui demeure lié plus ou moins étroitement à la Couronne britannique, la francophonie ne se réduit pas à la transformation des anciens liens coloniaux de la France. D'anciennes colonies anglaises, comme l'île Maurice, le Ghana ou les Seychelles, sans parler du Québec, sont membres de l'Organisation internationale de la Francophonie. Certains pays francophones ont même d'autres appartenances linguistiques plus fortes que celles qu'elles partagent avec la francophonie, les pays arabes, par exemple.
Certes, le français fut conquérant en Afrique, mais il a été persécuté aussi, en Amérique du Nord et sur notre continent.
Avoir « le français en partage », c'est certainement aussi avoir en partage une certaine façon de penser en français, mais cette simple pratique linguistique et culturelle ne constitue guère en soi un empire : les francophones sont répartis sur les cinq continents et leur diversité se prêterait mal à un tel projet.
Naturellement, il ne s'agit plus pour le français de ne régner que sur les beaux esprits de la seule Europe comme au XVIIIe siècle ; la francophonie a des dimensions et des exigences beaucoup plus vastes.
Ce qui fait l'universalité d'une langue, ce n'est évidemment pas d'être parlée par toutes les hôtesses de l'air, mais c'est sa capacité à donner accès à tous les domaines de la culture, des sciences et des techniques ; c'est sa capacité à dire le monde. C'est, comme le disait Rivarol du français, sa capacité à nommer.
L'universalité d'une langue, c'est sa capacité à aider à dépasser les conditions linguistiques initiales d'une démarche intellectuelle, non de prétendre tenir lieu de toutes les autres langues. Ce qui fait l'universalité d'une langue, c'est enfin et même surtout d'être le support d'une pensée critique.
C'est ce couple original entre la langue et la pensée françaises que la francophonie offre en partage à ses locuteurs.
On peut même dire, au contraire, que, désireuse de diversité, voire de dépassement, l'universalité de la langue française se nourrit aussi de ce que lui apporte de l'extérieur l'ensemble de la francophonie.
Il est particulièrement révélateur à ce sujet de constater que les deux derniers académiciens français viennent du grand large : l'un, M. François Cheng, est chinois, l'autre, Mme Assia Djebar, vient d'une Algérie qui a rompu, avec la détermination que l'on sait, ses attaches coloniales avec la France et qui reconnaît aujourd'hui que le français lui est autant une langue d'ouverture qu'une «langue d'intimité».
La langue française et la francophonie sont universalité, non parce qu'elles sont les plus brillantes, encore moins parce qu'elles voudraient être les seules, mais parce qu'elles sont diversité, parce qu'elles sont alternance à la normalisation et à la langue de bois, parce qu'elles sont antidote à un politi-quement correct impérial et impérieux.
La langue française et la francophonie sont une chance qui ne saurait être partout que librement consentie.
Pour souhaitable que soit l'universalité du français, monsieur de Rivarol, celle-ci n'est pas un acquis définitif, c'est un combat renouvelé, qui participe de la nature même du combat de l'esprit, toujours vigilant et parfois bien fragile.
L'aboutissement logique de l'esprit de la francophonie — version moderne et universelle de la cité — croise le projet politique, parfois fragile lui aussi et objet en tout cas de vigilance, de la démocratie ; croise, ce qui en est la cause et la conséquence, la foi en l'homme.
13:55 Publié dans Le français des langues virtuelles | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, poésie, haïkus
Exergue...
"La langue française et la francophonie sont universalité, non parce qu'elles sont les plus brillantes, encore moins parce qu'elles voudraient être les seules, mais parce qu'elles sont diversité, parce qu'elles sont alternance à la normalisation et à la langue de bois, parce qu'elles sont antidote à un "politiquement correct" impérial et impérieux... La langue française et la francophonie sont une chance qui ne saurait être partout que librement consentie".
Philippe Loubière
09:20 Publié dans Le français des langues virtuelles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Littérature, poésie, haïkus
13.06.2007
Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française...
L’ASSELAF communique...
’EST UN APPEL A L’AIDE que nous lançons, une fois encore, à nos lecteurs et à nos adhérents. Nous vous avons déjà beaucoup sollicités, et vous nous avez déjà beaucoup aidés, mais notre combat pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française nous demande à tous, à vous comme à nous, des efforts continuels et continus. L’air du temps ne souffle pas dans notre direction, c’est le moins que l’on puisse dire, et nous avons du mal à tenir vent debout ! Chaque jour de nouvelles menaces, chaque jour de nouvelles attaques : hier les brevets, aujourd’hui les droits bafoués du consommateur, et les dérives européennes tous les jours sont autant de coups portés sans relâche au français, à sa qualité et à son emploi. Il nous faut chaque fois dénoncer ces mauvais coups, mobiliser nos amis pour tenter d’y parer et ne pas céder au découragement.
Nous ne menons pas un combat d’arrière-garde, nous ne menons pas un simple combat pour notre identité, nous menons un combat pour le droit à la différence linguistique et à la différence tout court, dans un monde d’un totalitarisme, à l’échelle planétaire, sans précédent ; nous menons un combat pour la liberté, pour autant qu’il soit vrai qu’ « il y a un pacte vingt fois séculaire entre la voix de la France et la liberté du monde » ! Notre combat pour la liberté d’une parole française, c’est le combat pour la liberté de parole, elle-même face visible du combat pour la liberté de penser.
Nous n’avons pas, réduits à nos seules forces d’aujourd’hui, les moyens nécessaires à ce combat pour la langue française et la survie de l’esprit, mais nous ne nous reconnaissons pas le droit de renoncer. La mondialisation à l’américaine déconstruit beaucoup et propose peu ; dire le monde en français peut, de cette façon alternative plus humaniste, séduire encore bien des gens qui peuvent nous rejoindre si nous prenons la peine d’aller à leur rencontre. Nous ne pouvons qu’élargir nos rangs, car il n’est pas possible qu’il n’y ait plus personne aujourd’hui à se revendiquer de cette liberté, y compris et surtout dans les nouvelles générations.
Aidez-nous, nous vous en conjurons, à identifier des lecteurs et des adhérents nouveaux ! Osons les chercher aussi bien parmi nos proches que dans des milieux inattendus ! Un de nos lecteurs, professeur de russe, ne nous écrivait-il pas l’année dernière qu’il distribuait et faisait lire Lettre(s) à ses élèves ? C’est cette voie qui est la bonne : faire lire Lettre(s) à qui mieux mieux. Il y a également des voix arabes qui expriment publiquement la nécessité de leur relation au français : nous avons besoin de tous !
Nous vous en prions : abonnez vos amis et connaissances ! Que chacun de nos adhérents et de nos lecteurs, que chacun de vous, abonne, dans un avenir proche, au moins trois personnes de ses relations. Pour nous, c’est vital !
Faire boule de neige est notre seule issue ; elle ne dépend que des efforts de chacun. Nous sommes à votre merci. Merci.
Philippe LOUBIERE
http://asselaf.neuf.fr/
17:25 Publié dans Le français des langues virtuelles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : littérature, poésie, haïkus





