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14/03/2008

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Petit bréviaire à usage familial : le bonheur, c'est maintenant.

 

 

Pouce !

 

Faites taire ces bruits, ces moteurs, marteaux piqueurs et autres colporteurs, et cette facilité, si fraîchement vêtue, et soudainement réapparue. Pouce !

 

 

Elle a dit merde.

 

Comment se faire comprendre, mes amants ? Oser un langage tout différent ? Pourquoi pas Marquise... Mais l'imaginaire et ses clés ? Qui les avait, et qui les a perdues ? Existent-elles vraiment, Marquise... vous ne répondez pas.

Le choeur chéri de la Marquise est impuissant depuis qu'elle a... comment ?

La jambe de la vieille dame ! Elle a dit merde. Quelque chose qu'elle n'avait pas su dire auparavant. Les mots lui étaient revenus juste à temps. Comme un courrier, un code singulier... Il ne fallait pas s'efforcer de sourire...  ...ne lui allait pas ! La maîtrise ne lui allait pas.

 

 

Le dicton

 

Vasque embrumée aux traits enfouis prête à enfourguer des vagues entières de terre. Partie à l'assaut de brins de jeunesse, elle fut violemment surprise ! La réalité n'existait que sans la décision de son père - et le temps déclinait... Le mensonge de sa mère était destiné à la faire hériter. la mort filtrait comme un corridor - offrant ses billets. Elle, ajustait son petit noeud sans se farcir d'idées acidulées. Le dicton n'était pas au point - en l'attendant elle tapait les coussins du salon. Cette chose parlait d'antériorité...

 

 

Enfin

 

La facilité l'emportait enfin - avec ce courant de vagues seulement refoulées. Enfin, se percevait l'autre...

 

 

Je l'avais tué.

 

Je l'avais tué. Je le savais désormais et j'allais mieux. Mieux, mieux. La mimique employée allait prononcée du mielleux au milieu. Le rappel était là pour le chat que j'étais il y a... mieux, mieux, mi... aou, miaou ! Il valait mieux !

 

 

Les mains

 

On entrait nuitamment dans le salon... poussiéreux et bleu vert. C'était elle, debout - se maintenant par des pensées vertigineuses, carrées - ne sachant où poser le bras ni quel objet considérer : ne songeant plus à s'asseoir.

L'homme l'avait suivie sans faire de bruit. Une odeur rose-chocolat plantée sur les lèvres... la pourchassant pour le carmin qui animerait sa bouche - bientôt, au dernier instant !

 

 

Elle appelle au secours...

 

Une histoire différente des autres ! Regards verts... à écouter - et pas à vivre. 

Les personnages d'abord : ils sont dix, mais on va y revenir.

La trame : une fille enlevée par des mains blanc violacé, coupées, encore tièdes, ...des mains d'homme.

Elle appelle au secours...

Des multitudes ont reçu son appel - et pour ainsi dire... perçu un cri, entendu la voix d'un peuple, ou le chant d'une arme - se retrouvant seules dans la même ville, à la même heure et au même instant... mais voilà que l'histoire s'arrête !

Barbare, celle-là porte un titre, barbare... l'autre n'en a pas.

A vous de jouer ! Mes yeux fauves...

 

 

A deux

 

A deux femmes de vie, une autre femme a dit : "voulez-vous la Vie ?".

 

Une tâche

 

Le timbre de sa voix ne portait déjà plus - en son clair palais, où une tempête soufflait - bleu...

Il plut dix-sept dents moins des bribes de langage, deux carpes plus cent miettes - le tout pour mille ourlets...

L'onirique lézardait, d'une cavité décadente à l'autre - l'avenue était froide et hostile, il chantait.

Une tâche, jaune citron - se défit délicieusement de sa veste qu'elle accrocha - au mur - à ce col vert...

Notre ami se rapprochant de la carcasse se mit à caresser, pénétrer, et tutoyer, sans même demander si vous pensiez !

 

 

Toujours ?

 

Eh bien ?

Laurent desserra les dents repensant leur dispute soudaine étrange... le passage souterrain, la lumière du coquelicot, timidement.

Toujours ?

Monter - parées - deux branches, filtrant la lumière - lointaine de ses yeux.

Et moi !

 

 

Aujourd'hui

 

Aujourd'hui c'est amer, une pochette de fiel au fond, très oubliée, comme un Oeil de travers...

Et puis ?

Un semblant de vie bien qu'encombré d'erreur humaine - en hommage à ce qui n'est plus - l'usage, l'amer - sous un amas de sables, florentins... le tapis mouvant des roses, assez "chatoyé".

Alors...

La présence orbitale d'un souffle chaud, laverait encore du sang leurs meurtrières !

 

 

Il était une fois

 

Il était une fois un petit garçon de l'âge de ma mère à quinze ans - habillé comme l'as de pique, à même le sol sans réfléchir, l'air serein et pauvre.

Je ne l'avais pas vu. je lui ai marché dessus. Il a crié. J'ai failli pleurer, mais je suis restée étranglée sous l'effet des larmes déferlant comme les vagues auxquelles j'étais promise, depuis longtemps...

Je l'avais peut-être tué, et à mesure que je marchais, tandis que la brume s'effaçait devant des pas lancés dans la jungle de mes paroles enflammées - parole de chat, je savais que j'oubliais, l'endroit d'où je venais, mais qu'à force d'oublier, je me rappelais.

 

 

Toute petite

 

Mon regard est fixe, je n'arrive pas à le déplacer, pas d'un pouce. Toute petite, à une autre échelle. Diantre ! Croyez que c'est encore moi et vous aurez raison, car c'est ma volonté qu'il en soit ainsi. Pourtant, ici, c'est la forêt vierge... 

 

 

Arbre à Fruits

 

"Arbre à Fruits... ça fait genre" - sécrétait Eve, s'apprêtant à relire un texte tissé d'acrobaties linguistiques écrit pour elle-même, dans l'inégalité d'humeur et des sexes.

Toujours agrippée au clavier, Eve - le poignet destabilisé par sa montre - tentait à nouveau de s'exprimer : "Cette histoire fit de moi l'être le plus... hénissant !"

Eve poursuivait - avec un léger crépitement dans le mot "jadis"... "En mourant, je fus préposée aux courses de la veille - l'imagination aérée de mille rien... tous benjamins". Epaule tordue, à la dérobade intimée, au sourire profilé, désir enfui... (Véhicule ta pensée, ma p'tite Eve - allonge-là à l'étrier...).

Malentendus effrités ! mots humains enterrés - solitude octroyée : Belle aux yeux de braise, mélancolique croyance, ma revendeuse d'espèces ! L'homme enivrait, courbé - sa doublure cuivrée, celle-là même qu'il répugnait à emmener ceintrée. (J'y ôte un "aime"... pour mon "home" !).

Enfant tu parcourais une longue histoire... "Madame entrons, car on entend venir. Dieu ! que ce tronc est creux...".

Toi, tu savais sentir par la peau du langage... Adieu, Eve, à Eve, Dieu. Eve et Dieu. Dieu et Eve... Arrêtez tous les deux !

Ses mots à lui devenus sa source à elle. Eve... qui voulait tout ! Etre elle et ne pas être - naître une seule fois... Sans condition. Eve qui n'écrirait pas !

"Je suis le vin dans la bouteille, j'attends que des mains habiles défassent le noeud de liège. Je me laisse porter, pourtant indifférente aux effluves bouillantes ! Que dis-tu ? Ma douceur est à la fois ma folie et ma joie, mon absence... et ma cruelle beauté".

Les mots ne passaient plus car la mort tendrement, l'attendait. Tout se décousait. Eve n'avait plus de prise, pas de rôle dans la mort saoulée...

Je peux t'accompagner ? Oui. Qui commencera à parler ? Toi, ou moi. Les deux ensemble ! Promis, juré... c'est trop tard ! Te voilà seule envenimée. Est-ce là folie douce ?

 

 

Néanmoins...

 

- Chez moi, il y a un radeau...

- Un radeau ? Mais où diable habites-tu !

- Chez moi... où il y a un radeau.

- Il ne faut pas dire que chez toi, il y a un radeau... ce n'est pas juste, ça !

- Pourquoi ?

- Parce que tu habites sur ce radeau, n'est-ce pas ?

- Non ! Chez moi, il y a un radeau.

- Allons, décris-le, ce radeau...

- Il est carré, avec des troncs d'arbres attachés par une corde solide et néanmoins...

- Néanmoins...

- Il n'est pas à moi.

- Tu veux dire que tu n'y vis pas ? Qui s'y trouve alors ?

- Personne.

- Ecoute, je ne te comprends pas...

- C'est pourtant simple...

- J'essaie, tu sais ?

- Je sais.

- Alors, dis-moi où tu habites, à la fin ?

- Chez moi, où il y a un radeau !

- Oui... ça je l'ai compris, mais...

- Qui habite ce radeau ? Je te dis qu'il n'y a personne à bord !

- Et toi, où habites-tu ?

- Je ne sais pas.

- Tu as bien un endroit où dormir, tu ne te souviens pas ?

- Chez moi, il y avait un radeau...

- Il est parti ? En voilà une bonne nouvelle !

- ... 

 

 

13/03/2008

Hivers trépassés

 

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Allarmés par des cris sournois - les enfants s'étaient massés autour d'elle, les yeux grossis par des cils qui les arrondissaient drôlement... les faisant pareils à deux soleils noirs, détrempés - pour une algue marine, et perdus - pour deux araignées.

Ses enfants - auxquels j'appartiendrais pour quelques longs hivers trépassés - compliqués, vagues et muets. Des enfants qu'elle écoeurait, par le spectacle de seins nus avides d'un rien mais flamboyants d'amour déçu... un soir, une nuit, où tout avait été inventé...

Il me faudrait maintenant tout raconter, pour faire d'une histoire sans gazon un très grand pâturage pour ces âmes esseulées parmi tant d'armes, sur un champ après la bataille qui dura, seulement, quelques instants.

  

La pauvre

 

Nous passions la soirée au bord du lac, assis bien tranquillement, lorsqu'elle nous apparut, affalée au bas de son arbre ancestral. La pauvre devait avoir souffert... et ses membres caoutchouteux... et sa frise, défaite, comme une vieille permanente... et son bourrelet au ventre, et tout ça... rien de très grisant, vous savez ?

Nous étions en bas d'un grand talus qui présentait une faible pente, voyez-vous ? Nous tenions le bas de la pente, elle était en haut, tiens, comme c'est drôle... On aurait dit une peinture, vous savez, une scène mythique. Mais quelle déesse aurait été s'oublier là, dans ce coin perdu, où seuls des imbéciles comme Nadine et moi pouvions nous plaire !

Elle n'a pas plu à Nadine, qui est une femme finie. Enfin, pas finie, non, ce n'est pas ce que je voulais dire... Je vois Nadine comme une brune dure écartelée entre le plaisir de plaire, et le désir de ne pas plaire... entre le plaisir et le déplaisir... c'est exactement ça ! Nadine est jeune et dure comme un fruit cueilli pas encore mûr...

L'autre est... et bien justement : elle n'est pas ! Vous allez penser que je suis fou, n'est-ce pas ? Fou parce que cette femme que j'ai follement aimée, j'ai voulu la représenter, sous les traits d'une modernité trop vivante, toujours en marche... sans décadence. Fou de n'avoir rien fait...

Je l'ai peut-être rêvée. J'ai peut-être tout rêvé. Mais posez-vous la question de savoir... Si j'avais rêvé ? Je me serais levé, et j'aurais été surprendre cette garce qui avait du... Je l'aurais trompée à ma guise, Nadine. Et bien... que croyez-vous que j'aie fait !

Non ! Je ne l'ai pas tuée, elle est tombée toute seule... ou bien quelqu'un d'autre l'a tuée. Qui ? 

 

 

...

Aux armes, citoyens !

 

Son pas

 

L'entrée avait été condamnée. Nous faisions le tour pour atteindre la porte principale - que j'imaginais volontiers. Mais des sandales trop ouvertes devaient la gêner. Puisqu'elle ralentissait la marche, je lui dis de les enlever... Elle ne voulut pas - prétextant qu'elle aurait mal. Je la saisis par le bras pour la faire céder...

Elle aurait du comprendre que ses pas, dans mon dos - me rendaient obsessionnel, maladif, et invivable !

Son pas - qui s'enfonçant dans l'épaisseur du gravier, ne lui laissait qu'une chance sur deux de tomber et de se relever - avec la marque d'un caillou denté qui n'aurait pas percé la chair, mais néanmoins - aurait laissé perler le sang...

Cette idée sans image à toucher m'était insupportable !

Le sable, clandestin d'une semelle de cuir - le sable... provoquait une sensatoin aussi désagréable au pied qu'à la bouche qui a faim. Il m'obsédait me laissant vide, comme cette poupée de cire - qu'elle allait garder toujours avec elle - sa robe en adhésif flottant comme un drapeau...

Je lui dis qu'elle pouvait partir, que je ne voulais plus d'elle. Elle me laissa seul.

J'entendis des sanglots, tandis qu'elle - érosive, repassait l'angle... Je courus après des cheveux nauséabonds, pour empoigner une tête : si seulement elle avait pu lâcher ce masque ! Elle résistait, encore et de trop. Alors, j'ai coupé la tête, comme on taille un rosier - par nécessité.