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31/03/2008

De la poésie au roman

 

"De la poésie au roman se fait le pas unique dont il sera le chemin doux, captif de nos vérités manifestes - Panino, tandis que la vie copie des noblesses éteintes et conduit au passage...".

"De la poésie au roman se fait le pas unique dont il sera le chemin doux...". Cette petite phrase résume une démarche littéraire reproduisant la rumeur du torrent. Si j'éprouve du plaisir à écrire un poème sans trop le travailler, j'aime aussi décrypter les phrases, et ainsi vérifier qu'une forme vitale aura visité le fonds de l'expression intuitive de mon intimité. 

Je m’explique : ce que je préfère dans mon travail, en est la prise mesurée du risque. Je me laisse fasciner par les nécessaires rééquilibrages en cherchant la clarté de la source pure, me plaisant à parier que la créativité conduit à restaurer cette antique oeuvre d'art, et donc à justifier de son application...

"...captif de nos vérités manifestes - Panino, tandis que la vie copie des noblesses éteintes et conduit au passage...". Vérité, vie, noblesse et passage. L'écriture a offert d'entrer dans la ronde en demeurant libre d'échapper à son tourbillon. Elle permet de se connecter aux sources souterraines de notre pensée, évitant surtout de se laisser victimiser. 

En effet, la libre expression continue de ce qui nous arrive, oblige d'avancer, et de considérer le temps que nous vivons, en fonction de l'endroit dont nous arrivons. L'écriture donne aux mots d'une nouvelle vision la possibilité de s'affranchir de l'inoubliable douleur passée. Avoir recours à l'écriture est peut-être une façon de donner sens à une difficulté de vivre parfois extrême...  


 

20/09/2007

Au milieu des chants

 
 
Le miroir est en vie un mot qui ne s’efface pas… On s’adressait ou pas à des étrangers… L’entrée s’est trouvée là… Au milieu des chants – une ouverture en net à cet ailleurs personnifié qui m’a fait vous parler... Les mots sont encore ceux des condamnés…

Une parole était, aura été, ou sera née de la plume toujours mobile de l’auteur en quête des vies du personnage qu’il ou elle a aimé...

Panino Pianino sensibilise entière la corolle d’une gamme vivace quand il épie l’espace du propre souvenir…

 

Marie-Gabrielle MONTANT poursuit ici la trilogie de l’attente courtoise qui anime ses deux ouvrages parus aux Éditions du Cygne, et se prépare au jeu de sa nouvelle écriture. Le livre de l’anomalie dit un passé. À mi-parcours révélait un présent. Au milieu des chants décrit à son avenir – un chant.

 
 
 
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Éditions du Cygne
4, rue Vulpian
75013 Paris
t/f : 01 55 43 83 92
editionsducygne@club-internet.fr
www.editionsducygne.com 

 

 

13/09/2007

Panino Pianino (24)

    "Tout en pleurant, il disait :

    "Oh ! ma chère petite Fée, pourquoi es-tu morte ?... Pourquoi ne suis-je pas mort à ta place, moi qui suis méchant, alors que toi tu étais si bonne ?... Et où est mon pauvre papa ? Oh ! ma bonne Fée, dis-moi où je peux le retrouver, car je veux rester toujours avec lui et ne plus le quitter jamais, jamais, jamais !... Oh ! ma chère petite Fée, dis-moi que tu n'es pas morte !... Si vraiment tu m'aimes... si tu aimes ton petit frère, revis... reviens en vie, comme avant ! N'as-tu pas quelque peine à me voir seul, abandonné de tout le monde ?... Si les assassins revenaient, ils m'attacheraient de nouveau à la branche du Chêne... et alors je mourrais à tout jamais. Que veux-tu que je fasse maintenant, seul dans ce monde ? Maintenant que je vous ai perdus, toi et mon papa, qui me donnera à manger ? Où irai-je dormir la nuit ? Qui me fera une nouvelle veste ? Ah ! il vaudrait mieux, cent fois mieux, que je meure moi aussi ! Oui, je veux mourir. Hi ! hi ! hi !...".

    Tout en se lamentant ainsi, il fit le geste de s'arracher les cheveux ; mais, comme ses cheveux étaient de bois, il n'eut même pas la satisfaction d'y passer ses doigts."

 

 

Panino Pianino (23)

    "Je vous laisse à penser dans quel état resta Pinocchio lorsqu'il eut déchiffré tant bien que mal cette inscription. Il se jeta face contre terre et, couvrant de mille baisers ce marbre funéraire, il éclata en sanglots. Il pleura toute la nuit, et le lendemain, au lever du jour, il pleurait encore, bien que ses yeux eussent tari la source de leurs larmes ; ses cris et ses lamentations étaient si perçants que toutes les collines des environs en répétaient l'écho."

 

 

Panino Pianino (22)

 

   "Il eut alors comme un triste pressentiment et se mit à courir de toutes les forces qui lui restaient dans les jambes. En quelques minutes, il arriva au pré où s'élevait autrefois la petite maison blanche. Mais la petite Maison blanche n'y était plus. Il y avait, à sa place, une petite dalle de marbre où l'on lisait, en caractères d'imprimerie, ces lignes douloureuses :

 

CI-GÎT

LA FILLETTE AUX CHEVEUX BLEUS

MORTE DE CHAGRIN

POUR AVOIR ETE ABANDONNEE PAR SON

PETIT FRERE PINOCCHIO"


 

Panino Pianino (21)

    "Arrivé sur la grand-route, il se tourna pour examiner la plaine et il reconnut la forêt où il avait eu le malheur de rencontrer le Renard et le Chat ; parmi les arbres, il aperçut le sommet du Grand Chêne où il avait été pendu ; mais il eut beau regarder de tous côtés, il lui fut impossible de voir la petite maison de la belle fillette aux cheveux bleus."

 

 

Panino Pianino (20)

 

    "Dès que Pinocchio ne sentit plus le poids très lourd du collier autour de son cou, il s'enfuit à travers champs. Il ne s'arrêta pas une minute avant d'avoir atteint la grand-route, qui devait le ramener à la Maison de la Fée."



 

Panino Pianino (19)

 

Collodi, Les Aventures de Pinocchio, Chapitre XXIII...

 

PINOCCHIO PLEURE LA MORT DE LA BELLE FILLETTE AUX CHEVEUX BLEUS ;  PUIS IL RENCONTRE UN PIGEON QUI LE TRANSPORTE AU BORD DE LA MER, ET LA IL SE JETTE A L'EAU POUR VENIR EN AIDE A SON PAPA, GEPETTO.

 

 

Panino Pianino (18)

 

Le corps exulte de sa ridicule essence : j'en aime infiniment la fraîcheur. Plutôt que détachable, il serait présentable toujours - ce corps-là - présence en terre proche de ce corps-là - tendu dans notre espace.  Sa masse en devient détestable dès lors qu'on y consent à ce que s'y attable le caprice d'un voeu stupide. Le corps qui se regarde fait un vide autour d'eux.

 

  

Panino Pianino (17)

 
"Il te faudrait payer tout l'or d'un soir...". Les mots ont trébuché en moi - fourrés de glaise, à l'antenne glacée des fentes qui s'empruntent, pour y danser. Heureusement seule, j'en apprécie la présence d'un homme - à ce nécessaire engagement viril - des forces fidèles - au gland de l'arbre de nourritures sacrées.